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Scandale énorme au Sénat

Le Sénat

Le résultat des élections sénatoriales du dimanche 23, publié sur le site internet du Sénat dès le 18 septembre 2001 !!!

Retour vers le futur 3



MIDI-LIBRE, édition du 21 septembre 2001

Le site du Sénat publie les résultats avant l’heure

Jean-Pierre Cardot, candidat dans les Pyrénées-Orientales, crie au scandale. Le Sénat, sur son site internet, a publié les résultats de l’élection qui aura lieu dimanche.


Le site du Sénat publie les résultats avant l’heure :

Incroyable mais vrai ! On ne sait pas si cela relève du "gag", de l’étourderie, du coup de pub, de l’ « intox » ; mais les faits sont là. Et l’un des candidats aux "sénatoriales" dans les Pyrénées-Orientales, Jean-Pierre Cardot(1), qui a levé le lièvre, entend bien ne pas en rester là.

Hier, Jean-Pierre Cardot a l’idée d’aller se balader sur le site officiel Internet du Sénat, histoire d’y trouver sa candidature. C’est ainsi qu’il pianote sur son clavier : www.senat.fr/evenement/senatoriales_2001/cir.html

Il n’en est toujours pas revenu ! Car à sa grande surprise, sous ses yeux, sur l’écran, s’affichent à la date du 18 septembre 2001, les résultats du 1er tour des élections sénatoriales — pourtant programmées pour le dimanche 23 septembre 2001, en ce qui concerne les Pyrénées-Orientales : Louis Caseilles (PRG), 34,2 % des suffrages exprimés ; Paul Blanc (RPR), 33,3 % ; Jean-Paul Alduy (UDF), 12,5 % ; Denis Bellac (DvD), 8,6 % ; Gisèle Parisot (Div.), 7,5 % ; Jean Carrère (PS), 1,5 % ; Richard Sanchez (PCF), 1,2 % ; Jean-Pierre Cardot (Div.), 1 % ; et Guy Cassoly (PCF), 0,20 %. Seuls ces 9 noms apparaissent sur l’écran ; alors qu’on sait très officiellement depuis mardi 18 heures qu’il y a 13 candidats. Parmi les absents : René Olive, PS, maire de Thuir et vice-président du conseil général.

Une mention suit : « Deux sièges à pourvoir au second tour ». Nous sommes heureux de l’apprendre. Aucune réserve d’usage ne vient avertir le lecteur du site à propos de ces résultats. S’agit-il d’un sondage ?, de pronostics ?, de perspectives ?, d’essais ? Celui qui débarque sur le site officiel du Sénat en est pour ses frais. Juste, en tout petit, figure le mot "test". Mais "test" de quoi ?, à propos de quoi ?

Cinq départements se retrouvent dans cette situation et, pour certains d’entr’eux, carrément !, Election dès le 1er tour oblige, on connaît déjà les noms des futurs sénateurs(2). On nage complètement en plein surréalisme. « Ou plutôt en eaux troubles !, tempête Jean-Pierre Cardot. Dès hier matin, j’ai envoyé par e-mail une vive protestation au président du Sénat. Car non seulement cela est insupportable, mais c’est aussi très grave. Imaginons que n’importe qui dans le monde, depuis n’importe où, se connecte sur le site officiel du Sénat, et trouve ces résultats ».

Aussi, il crie au scandale, à la manipulation de l’opinion : « Rendez vous compte, il n’y a aucune précision, aucune précaution d’usage pour entourer, analyser, divulguer ces résultats. On vous les livre pour argent comptant. Sans conditionnel. Comme s’il s’agissait de certitudes. C’est honteux ! Tout cela est de nature à nuire gravement, à influencer la sincérité du scrutin ; Pourquoi ? Et dans quel but ? En tout cas, cela est de nature à demander l’annulation des élections dans les départements concernés ; Pour ce qui nous concerne plus particulièrement, nous candidats de l’UCF, nous remarquons également que les étiquettes politiques des autres candidats sont mentionnées sauf pour notre parti ! Il s’agit donc d’une inégalité de traitement flagrante, puisque notre parti présente non pas des candidatures isolées, mais une liste UCF dans tous les départements concernés de France ».

Les départements « tests » qui ont servi à cette projection de résultats bourrée d’erreurs, sont : le Jura, la Haute-Loire, les Landes, le Loir-et-Cher et les Pyrénées-Orientales.

En quelques heures, l’histoire, qui fait désormais grand bruit, s’est répandue comme une traînée de poudre. Et dès les premières heures de l’après-midi, hier, il était impossible d’obtenir une quelconque explication sur cette « affaire » auprès du service « Presse » du Sénat.

Luc MALEPEYRE



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