La fin des libertés ?
LEurope veut espionner les citoyens
Les eurodéputés se pencheront le 29 mai sur la proposition de révision de la Directive européenne de 1997 sur la protection des données et informations dans le secteur des télécommunications. Selon l'organisation non gouvernementale Statewatch, spécialisée dans l'examen des lois et projets de lois pouvant restreindre les libertés fondamentales, cette révision obligerait les États membres de l'Union à voter des textes qui permettraient de conserver toutes les données relatives au trafic des télécommunications (téléphone, communications électroniques) et à garantir leur accès aux services de police et de renseignements (polices, douanes, services de l'immigration, services d'espionnage et de contre-espionnage, etc.). Statewatch révèle aussi que les États qui réclament cette révision ont mené des discussions secrètes pour faire avancer le dossier sans déclencher une polémique médiatique et l'ire des opinions publiques.
Pour Statewatch tout comme pour The Committee on Citizen's Freedoms and Rights (Comité pour la liberté et les droits des citoyens), qui a réalisé un rapport sur le sujet à l'attention des députés européens, « il est impératif de s'opposer à cette modification fondamentale de la Directive européenne ». Les organisations rappellent qu'en vertu de ce texte de 1997, les données concernées ne peuvent être conservées que durant une courte période, et à des fins précises. Ensuite, elles doivent être détruites. Le Parlement de Strasbourg semble d'avis de maintenir le statu quo dans ce dossier : permettre la rétention et l'examen de ces données, mais au cas par cas et dans le cadre de dossiers particuliers. Pour Statewatch, l'enjeu est de taille : « C'est l'avenir de l'esprit démocratique de l'Union européenne qui est en jeu, affirme Tony Bunyan, directeur de l'organisation. Si toutes les télécommunications téléphoniques, les télécopies, les e-mails, les connexions Internet peuvent être interceptés librement par les services de sécurité et examinés en toute impunité, qu'est-ce qui va distinguer nos États des régimes autoritaires ? »
Source : Fédération Internationale
des droits de l'Homme.